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Alloway pourrait décomposer le marché de l’arrachage de betteraves

Elles ont débarqué pendant l’été, en provenance du nord du Dakota. L’effeuilleuse FDS 12R45 et l’arracheuse FH 12R45 Alloway doivent permettre à Philippe Idé de mener sa guerre contre les charges. Saint-Louis Sucre s’allie à cette réflexion d’arrachage en décomposé. " Le prix des intégrales a considérablement augmenté ces dernières années. J’ai payé ma première intégrale 400 000 euros en 2009. Aujourd’hui, on dépasse largement les 520 000 euros. La rentabilité est difficile à trouver avec ce type de machine ", s’insurge l’entrepreneur de la Somme. Thomas Nuytten, de Saint-Louis Sucre, tire dans le même sens : " là, nous sommes entre 50 et 60 % du prix des intégrales disponibles actuellement sur le marché ". Soit 250 000 à 300 000 euros. Outre le coût, l’entrepreneur bataille pour la préservation des sols. Avec ce système, les Américains arrachent leurs betteraves sur douze rangs. Six rangs ne subissent donc aucun passage de roue après le passage des bennes.

 

Philippe Idé, entrepreneur. « Il n’y a de l’électronique que sur l’autoguidage. Sinon, la machine reste purement mécanique avec de l’hydraulique », constate-t-il. © V. Motin

 

Armé de sa souris, Philippe Idé a confronté les méthodes de plusieurs pays sur la toile. Il prend finalement contact avec Matt Breker, directeur commercial d’Alloway. Les pourparlers débutent grâce à "google traduction" et motivent le Français à traverser l’Atlantique. Après deux ans d’échanges, le produit s’est mis au pas des exigences hexagonales. Les États-Unis, l’Ukraine ou la Russie plantent avec des écartements compris entre 55 et 65 cm. Le modèle français accepte ainsi des interrangs de 45 cm. Le bâti des machines a été réduit de 1 m 30, afin de répondre aux normes routières européennes et de battre la campagne française.

Une effeuilleuse avec trois rotors

L'arracheuse américaine a deux principaux arguments : son coût et le respect de la structure du sol. © V. Motin

 

L’effeuilleuse semi-portée de douze rangs dispose de trois rotors. À l’avant de la machine, des couteaux en Y et des fléaux scalpent les pétioles et les feuilles de betteraves. Sur les deux autres rotors, des fléaux en caoutchouc peaufinent le travail et nettoient le rang. Des scalpeurs se contentent de peaufiner le travail à l’arrière de la machine. D’ailleurs, certains clients américains ont " supprimé les scalpeurs ", dixit Matt Breker. Le constructeur a quantifié une perte de betteraves moyenne de 1,35 t/ha sur ses chantiers du Dakota. Côté pratique, le système d’entraînement par courroie facilite l’entretien. L’outil de 7 800 kg nécessite un tracteur de 225 ch au minimum. Le débit de chantier moyen atteint 4 ha/h.

Une productivité de 2,5 ha/h pour l'arracheuse

La machine a été mise aux normes françaises. Son gabarit routier a été réduit et son interrang a été ramené à 45 cm. © V. Motin

 

L’arracheuse, de 16 t à vide, prend alors le relais. Des roues Oppel permettent l’extraction complète des pivots de betteraves. Des rouleaux à spirales et en étoiles retirent ensuite les excès de terre en douceur. Le convoyage des betteraves vers la trémie d’attente est assuré par un convoyeur ascenseur courbé. Avec une trémie de 5,5 t et une vitesse de travail optimal comprise entre 4,5 et 7 km/h, la productivité moyenne atteint 2,5 à 3 ha/h. La machine demande une puissance minimum de 300 ch. Trois bennes sont nécessaires pour suivre le chantier. " Mais la productivité double ", rappelle Philippe Idé.

Une évolution vers un unique passage

L’entrepreneur de la Somme compte encore faire évoluer sa machine. Un pont moteur doit être prochainement installé. L’idée est de limiter le patinage en conditions extrêmes. Cette adaptation permettra aussi de gagner en largeur de pneu. Des gains de productivité sont encore possibles. Philippe Idé espère aussi en terminer avec les chantiers d’arrachage en décomposé. L’entreprise étudie la possibilité de fixer une effeuilleuse douze rangs à l’avant de son tracteur. " J’ai encore deux intégrales. Mon objectif est d’en supprimer une assez rapidement. J’espère réaliser le même volume de travail, en supprimant le poste de nuit. " Reste maintenant à savoir si une généralisation de cette solution technique verra le jour.

Les scalpeurs, placés à l'arrière de l'effeuilleuse, se contentent de finaliser le travail. © V. Motin

 

Vincent Motin

 

Caractéristiques

Six roues placées à l'arrière de l'effeuilleuse facilitent son guidage. © V. Motin

 

Effeuilleuse

Vitesse moyenne : 8 km/h

Largeur au transport (pliée) : 3,80 m

Largeur d’opération : 5,90 m

Arracheuse

Largeur au transport (pliée) : 4,40 m

Largeur d’opération : 5,90 m

Poids à vide : 16 t

Saint-Louis Sucre veille au grain

Thomas Nuytten de Saint-Louis Sucre. " Nous avons une betterave préservée qui se conserve mieux au silo. " © V. Motin

 

Les résultats techniques sont suivis de près par Saint-Louis Sucre. " Ce matériel apparaît extrêmement fiable avec une durée de vie d’une trentaine d’années. Il demande également peu de maintenance. Notre objectif est bien de réduire les coûts d’arrachage. De plus, les machines sont relativement légères et préservent la structure des sols ", explique Thomas Nuytten. Le responsable du service betteravier Roye et Eppeville de Saint-Louis Sucre semble emballé par les premiers tests. " Le résultat est remarquable avec un scalpage net. L’effeuillage est parfait. Entre les betteraves plus ou moins émergentes, le tâteur réactif permet une coupe de la taille d’une pièce de 2 euros, la norme dans nos sucreries. Cela signifie plus de matière dans le silo pour l’agriculteur. " Le déterrage est, lui, jugé " efficace et efficient par rapport à d’autres constructeurs ". Enfin, les tapis convoyeurs mesurent 1,80 m et limitent les chocs sur les betteraves. Et Thomas Nuytten de conclure : " les résultats à ce jour sont au-delà de ce que nous escomptions ".


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