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Trois façons de préparer les trayons en traite robotisée

Les solutions pour nettoyer les trayons et stimuler le réflexe d’éjection du lait sont radicalement différentes. Gobelet dédié, brosses ou tout-en-un, tour d’horizon des constructeurs.

Six constructeurs se partagent le marché français des robots de traite. Chacun a développé son système automatisé de préparation des trayons et d’hygiène de traite. Globalement, ils se déclinent autour de trois concepts : des brosses rotatives (Lely et Fullwood-Packo), un gobelet préparateur séparé des gobelets trayeurs (DeLaval, Boumatic et SAC), intégration du lavage dans les gobelets trayeurs (GEA).

 

DeLaval, SAC et Boumatic ou le choix du gobelet dédié

Chez DeLaval, la préparation des trayons est exécutée par un gobelet dédié à cette tâche. Avant son branchement, le bras peut pulvériser un produit de trempage en ciblant les vaches qui le nécessitent (5 à 10 % dans la pratique). Le bras branche ensuite le gobelet préparateur. Le trayon est lavé avec de l’eau tiède et de l’air injectés en alternance. « À l’intérieur du gobelet, un étui rigide en plexi est percé de 104 trous légèrement biseautés de manière à générer un phénomène de tourbillon autour du trayon », explique Edouard Alix responsable robotique et solutions connectées pour l’Europe. La durée de lavage peut être personnalisée vache par vache (de 3,5 à 7,5 secondes, voire doublée). La turbulence ainsi créée assure également la stimulation du réflexe d’éjection. Les trayons sont séchés avec de l’air tiède et le premier jet est tiré avec du vide juste avant l’enlèvement du gobelet. Après préparation des quatre trayons (environ 30 secondes), le gobelet est rincé à l’eau. En option, il peut être désinfecté au peroxyde d’hydrogène ou à la vapeur. Des options plébiscitées en France : 20 % du parc équipés de vapeur et 70 % de peroxyde (contre seulement 50 % de désinfection dans les pays nordiques). Au repos, les cinq gobelets sont stockés tête en bas pour un meilleur égouttage.

Le constructeur danois SAC a fait le choix d’un gobelet préparateur qui reste solidaire du bras d’attache. La préparation peut être activée ou pas, vache par vache. Le gobelet lave le trayon avec de l’eau, le stimule, tire le premier jet puis le sèche avec de l’air. Les trois premières phases durent 4 secondes chacune. « Le gobelet est muni, en partie supérieure, d’une bague en inox par laquelle arrive l’eau, de sorte que le lavage se fasse vers le bas du trayon, détaille Claude Peignard, directeur de SAC France. Quand le gobelet se retire, on injecte de l’air filtré par la même bague pour sécher le trayon. » Lorsque les quatre trayons sont préparés, le gobelet s’escamote sous la pince pour permettre le branchement des manchons de traite. De retour en position de lavage, il est rincé et désinfecté à la vapeur. Il s’égoutte ensuite vers le bas. Les gobelets de traite sont nettoyés de la même manière.

Particularité de BouMatic, spécialiste des robots de traite par l’arrière, « les premiers jets sont éliminés par pulsations, comme dans une traite classique. Cette façon de faire donne le temps à l’ocytocine de faire son effet », explique Jean-Marie Bour (Société BouMatic). Le gobelet lave le trayon avec de l’eau, éventuellement additionnée d’un produit désinfectant, puis le sèche avec de l’air comprimé. Il est ensuite ramené sur son support où il est rincé et désinfecté avec un produit désinfectant (le plus souvent en France) ou à la vapeur.

Lely et Fullwood-Packo, adeptes des brosses

Lely se différencie de ses concurrents par un dispositif mécanique de préparation de la traite : deux brosses tournent en sens inverses et passent successivement sur les quatre trayons. Elles nettoient les trayons et le dessous de la mamelle à sec tout en stimulant le réflexe de sécrétion du lait. « Pour gagner du temps, plutôt que d’identifier la position exacte des trayons avec le laser, le bras exerce un mouvement spécifique de suivi de la mamelle, de sorte que tous les trayons soient bien aspirés par les brosses, explique Zakhar Zhibril, chef produit robotique. Les brosses sont composées de deux types de poils, souples et durs, pour bien stimuler le trayon sur toute sa surface. » Ce temps de nettoyage/stimulation dure de 30 à 60 secondes et est paramétrable individuellement. Lorsque la vache est branchée, le support des brosses se rabat sur le bras où elles seront lavées et désinfectées (acide peracétique et peroxyde d’hydrogène) par deux jets d’eau et débarrassées des résidus par rotation contre des tiges de nettoyage. Lorsque la traite est terminée, le temps que le désinfectant agisse, les brosses se remettent en rotation pour être essorées. L’unité de nettoyage est lavée par une troisième buse. Après branchement, les premiers jets sont tirés par un système volumétrique, de sorte que la quantité adéquate soit bien extraite. Ce lait est stocké dans le bras jusqu’à la fin de la traite. Les gobelets sont rincés et désinfectés à la vapeur.

Fullwood-Packo a opté pour un procédé de préparation des trayons assez similaire de celui de Lely, avec deux brosses qui tournent en sens inverse pour nettoyer et stimuler. Elles sont rincées et désinfectées entre deux traites. Le constructeur, tout comme son concurrent, met en avant l’absence de risque de contamination croisée avec ce système de brossage. « Après la traite, il n’y a pas besoin d’atteindre la fin de l’envoi du lait vers le tank pour que le nettoyage des manchons et des brosses se fassent, précise Clément Lan, responsable marketing. Cela permet de limiter le temps entre deux vaches, qui est en moyenne de 15 secondes. »

GEA : préparer avec les gobelets de traite

Chez GEA, pas de système séparé de préparation de la traite. Dès que les quatre gobelets sont branchés, plusieurs phases se succèdent pour nettoyer et stimuler les trayons. De l’eau et de l’air sont d’abord propulsés en alternance dans le manchon pendant 12 à 20 secondes selon les exigences de la laiterie en matière d’hygiène (20 s pour le lait cru). Un prétrempage peut être associé à ce lavage. Les premiers jets sont ensuite tirés, puis le trayon est séché et enfin stimulé par pulsations selon les besoins des animaux (réglage par groupes ou individuellement). Le robot GEA est équipé de deux chambres de réception, l’une pour les eaux de lavage, premiers jets et mauvais laits, l’autre pour la traite. Une électrovanne assure le routage vers l’une ou l’autre. Après lavage, la chambre de réception concernée se vide et peut éventuellement recevoir du lait contaminé ou du colostrum. Cette chambre est équipée de sa propre pompe pour évacuer les différents liquides vers la direction souhaitée.
Quand la traite est terminée, le circuit est redirigé vers cette même chambre pour recueillir les résidus du trempage effectué par pulvérisation à l’intérieur du manchon. Du lavage jusqu’au trempage, chaque trayon est traité séparément, ce qui limite le risque de contaminations croisées. La griffe est ensuite désinfectée sur son plateau de lavage. « Ces deux circuits du lait permettent de limiter les lavages courts, indique Guillaume Mousson, responsable marché robots. Quand on fait le lavage de la griffe, on désinfecte le circuit jusqu’au bloc vanne ; le circuit entre le bloc vanne et la chambre bon lait n’est jamais souillé. Des lavages courts peuvent être programmés mais ne sont pas indispensables. C’est un gain de temps important. » Le constructeur affirme que le bloc vanne est sécurisé pour éviter des contaminations.

Trempage par pulvérisation

Hormis sur les robots GEA, le trempage après la traite est effectué de l’extérieur par pulvérisation. Elle est effectuée à partir du sol (quatre buses situées entre les pattes des vaches chez SAC) ou en localisé sur chaque trayon à partir du bras du robot (Lely, DeLaval, Fullwood-Packo). Boumatic propose les deux systèmes : la pulvérisation à partir du sol est moins précise, mais, en double stalle, elle fait gagner du temps. Chez GEA, le trempage est effectué dans le gobelet à partir de la même buse qui envoie l’eau et l’air pour le lavage.


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