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Väderstad Opus 500 : Profondeur et finesse de travail au rendez-vous

Nous avons essayé, en août dernier, le déchaumeur à dents Väderstad Opus 500. Voici nos impressions après une cinquantaine d'hectares d’utilisation dans des chaumes de blé, féverole et orge (en deuxième passage).

Lancé à l’automne 2014, l’Opus se différencie du Cultus, notamment par son réglage hydraulique de la pression à la pointe, pouvant atteindre 700 kg, contre 350 kg avec une sécurité à ressort pour le Cultus. Dans le cadre de notre essai, les 350 chevaux du tracteur se sont montrés nécessaires pour emmener à 10-12 km/h l’appareil de 5 m en piochant à une vingtaine de centimètres. Du fait de l’absence, sur l’outil, de système de report de charge sur le tracteur, le lestage des roues était nécessaire. Dans les terres argileuses, le travail de mélange et d’émiettement est très satisfaisant. Il faut dire que l’Opus 500 à l’essai est pourvu de disques niveleurs étoilés et d’un rouleau Double Soil Runner. La forme étoilée des disques niveleurs assure un dernier émiettement de la terre avant le rouleau. Ils disposent d’un réglage hydraulique de la profondeur indépendant du rouleau. Ce dernier se compose de deux rangées de profils en U autonettoyants assurant un rappui terre contre terre. Il peut être en position totalement relevée, forcée ou flottante, pour un rappui par son propre poids.

En bout de champ, nous avons apprécié la réactivité du relevage de l’essieu, qui permet de limiter la largeur de la fourrière.

La rédaction remercie la Sama pour le prêt du tracteur Massey Ferguson 8735 DynaVT.

 Retrouvez la vidéo de l’essai sur grandes-cultures.reussir.fr

L’Opus est le dernier-né des déchaumeurs à dents du constructeur suédois. Il est conçu sur la base du cultivateur TopDown, dont les deux rangées de disques ont été remplacées par une rangée de dents. Il s’articule autour d’une poutre centrale de 300 x 300 mm de 15 mm d’épaisseur. D’une largeur de travail de 6 et 7 m, les deux modèles initiaux sont pourvus de roues de jauge latérale pour assurer le contrôle de la profondeur de travail en plus des roues de transport. Avec leur essieu large, les modèles de 4 et 5 m lancés au Sima 2015 se dispensent de ces roues supplémentaires. Selon la profondeur de travail, les conditions et le type de dents, une puissance de 45 à 70 ch par mètre est nécessaire.

On aime

Finesse de travail / outil lourd

Polyvalence

On aime moins

Besoin de puissance

Coût d’investissement

En action La polyvalence à l'honneur

LA TRAVAIL DU SOL étonne par sa force de pénétration, sa profondeur de travail et le rendu de la parcelle après le passage de l’outil. En apparence, on ne s’imagine pas avoir défoncé le sol sur une vingtaine de centimètres, en moyenne, avec les dents au carbure Marathon de 80 mm. En les remplaçant par les dents LowDisturbance, auxquelles on a greffé l’extension DeepLoosenning, au profil de décompacteur, nous avons atteint sans difficulté les 40 cm. En revanche, le rendu en surface n’est pas le même, avec un sol moins bouleversé. Une rangée de disques nivelle ensuite le sol avant d’être rappuyé par le double rouleau U, en position forcée ou neutre, suivant le type de pression choisi. Il manque peut-être simplement une herse étrille.

L'HORIZONTALITÉ DE L'OUTIL doit être parfaite avant de démarrer. Une fois attelé sur la barre d’attelage oscillante, on ajuste ses réglages en commençant par la longueur de la tige du vérin de levage de flèche via une barre de poussée puis par sa course, pour lever l’outil lors des demi-tours, à l’aide d’un jeu de cales. Les vérins des rouleaux arrière adoptent la même solution, par cales, pour ajuster leur butée pour relever l’outil. Un coup d’œil sur l’horizontalité parfaite du timon central et le tour est joué.

MANIABILITÉ ET STABILITÉ sont au rendez-vous. Sur la route, l’essieu central de transport offre une plus grande maniabilité de l’outil. Il permet un rayon de braquage court, idéal pour accéder aux endroits exigus ou au travail dans les bouts de champ. Revers de la médaille, attention au porte-à-faux arrière. Côté stabilité, la version de 5 m essayée est stable. Les larges pneumatiques et le repliage en trois parties abaisse le centre de gravité.

 

+ Les rouleaux arrière ont la particularité d’être montés sur des paliers fixés sur des supports en caoutchouc. Graissés à vie, ces derniers ont également pour avantage d’absorber les chocs.

+ La conception du châssis, avec sa poutre centrale, rassure. On a affaire à un outil robuste où chaque détail est soigné.

+ Les roues de transport, servant aussi de roue jauge, bénéficient d’un décrotteur chacune. Un soc en patte d’oie épouse parfaitement le pourtour de la roue.

+/- Le rouleau ne sert que de rappui. Dans les bouts de champs, une fois levé, sa hauteur n’est pas toujours suffisante pour faire demi-tour sans risque de frotter par terre.

- Le support de feux arrière n’est pas à l’image du reste de la conception de l’outil. Pris sur un seul point, nous avons de sérieux doute sur sa durée de vie.

À la loupe Armé jusqu’aux dents

LA SÉCURITÉ HYDRAULIQUE fait appel à un vérin sur chaque dent. Placé de manière horizontale, ce dernier accepte une pression de déclenchement des dents, ajustable jusqu’à 700 kg. Au travail, la dent est stable. En cas d’obstacle, elle s’escamote d’un maximum de 27 cm. Chaque vérin est relié à un accumulateur, logé le long de la poutre centrale.

LE RÉGLAGE DE LA PROFONDEUR DE TRAVAIL s’effectue hydrauliquement, en continu, depuis la cabine et repose sur les roues de transport. Il suffit ensuite de régler la butée mécanique, coulissante sur l’un des vérins de roue de transport, pour figer la profondeur paramétrée. Cette butée viendra fermer une électrovanne et rappeler ainsi la position de travail de l’outil.

HUIT TYPES DE SOCS existent, de 50 à 80 mm, avec ou sans ailette, au carbure ou non. Ils peuvent tous être surmontés du versoir MixIn, qui projette la terre travaillée vers l'avant, pour un mélange homogène. D’après nos observations, ils permettent un mélange de la matière sur 5-6 m. C’est le montage idéal, recommandé pour les terres lourdes de l’essai. Il existe toutefois un versoir torsadé, pour un mélange vertical, le long de la dent. Pour un travail de fissuration, sans bouleverser les horizons, des dents de restructuration, avec pointe de décompaction existent.

Entretien Plus simple qu’il n’y paraît

Les déchaumeurs à disques ont souvent l’avantage d’être moins contraignant en entretien que ceux à dents. Toutefois l’Opus n’a pas à rougir. Il est vrai que la quarantaine de graisseurs peut décourager, mais l’intervalle de 300 heurs limite le nombre d’interventions. Dans la majeure partie des cas, une bonne lubrification en début de campagne suffira pour couvrir toute la saison. Les graisseurs les moins accessibles restent ceux des dents et du parallélogramme des disques niveleurs. On a apprécié le montage de la dent à l’aide d’une douille et d’entretoises, limitant le jeu et par la même occasion l’usure. Enfin, le remplacement des socs et des versoirs oblige à s’armer de patience et d’une bonne clé à chocs.

Fiche Technique

Väderstad Opus 500

Largeur de travail : 4,75 m

Largeur de transport : 3 m

Hauteur de transport : 3,12 m

Longueur : 8,60 m

Poids : 5 600 kg

Roues de transport : 520/50-17

Nombre : 18

Espacement entre les dents : 270 mm

Espacement entre les rangées de dents : 1 030 mm

Dégagement sous bâti : 800 mm

Type de soc : pointes 80 mm

Largeur : de 50 mm à 300 mm

Épaisseur : pointe 15 mm

Profondeur de travail : 40 cm (maxi)

Suspension : sécurité non-stop hydraulique à pression maxi 700 kg

Nombre : 14

Diamètre : 420 mm

Type : rouleau double SoilRunner ou SteelRunner

Diamètre : 575 mm /550 mm

Poids : 1 315 kg

Nombre de distributeurs double effet : 3

Vitesse de travail recommandée : 8-12 km/h

Puissance nécessaire : à partir de 210 ch

Prix catalogue au 1er mai 2016 (modèle essayé sans les options) 60 200 euros HT 


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