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Focus sur les robots aspirateurs et racleurs de lisier

« Des couloirs nickel avec nos robots aspirateurs de lisier »

Deux robots aspirateurs à lisier tournent au Gaec des Lierrus, dans la Manche, au grand bonheur des associés qui n’interviennent quasiment pas manuellement pour nettoyer les aires d’exercice de leur stabulation.

« Le robot aspirateur à lisier Lely, découvert au travail dans une exploitation test en Bretagne, nous a bluffés par son efficacité. Installé dans un bâtiment vétuste aux bétons dégradés, il laissait derrière lui un sol propre », soulignent Jean-François Milet et David Féron, associés du Gaec des Lierrus, à Sainte-Marie-du-Mont dans la Manche. Ces éleveurs s’apprêtaient à finaliser les plans de leur nouvelle stabulation à logettes, lorsque cet automate a été dévoilé en septembre 2016. Un mois plus tard, ils signaient pour deux appareils. « Le robot Lely Discovery 120 Collector, d’une largeur de travail de 1,10 m, est dimensionné pour 500 m2 d’aires d’exercice et 80 vaches. Un seul aurait pu suffire pour les 530 m2 de couloirs, mais nous avons préféré miser sur la sécurité et être prêts en cas d’agrandissement du bâtiment », justifient-ils. Leur stabulation actuelle de 125 places, de 48 m de long et 38 m de large, est en effet pensée pour recevoir deux travées supplémentaires de 6 m, ainsi qu’un troisième robot de traite.

D’énormes économies en maçonnerie

Avant d’opter pour les robots aspirateurs, les éleveurs avaient prévu de monter deux racleurs classiques pour un montant de 30 000 euros. Ils projetaient aussi de construire une fosse sur caillebotis devant les robots de traite, d’une valeur de 40 000 euros. « L’économie en matériels et maçonnerie a largement couvert l’investissement dans les deux Discovery Collector », confient-ils. Lely facture l’unité entre 25 000 et 30 000 euros HT, selon la configuration. Le choix des automates a obligé à bien réfléchir à l’architecture des aires d’exercice, car il ne faut pas de marche. Une hauteur sous les barrières est aussi à respecter, afin que les robots atteignent toutes les zones et rejoignent, sans obstacle, la fosse pour vidanger le lisier. Le premier robot aspirateur est opérationnel au Gaec des Lierrus depuis l’entrée des animaux dans la stabulation neuve, en mars 2018. Le second est arrivé en avril.

Pas compatible avec la paille

« Notre objectif est atteint en termes de confort de travail. L’intervention manuelle se limite au raclage d’une zone de 5 m2 à proximité des robots de traite, apprécient les associés. L’action des Discovery Collector est la plus visible le matin vers 7 h. Les vaches sont encore couchées et les couloirs sont nickel. » Les deux automates ont chacun leur territoire. Ils fonctionnent à tour de rôle et interviennent chacun 10 heures par 24 heures. Le reste du temps est consacré à la recharge de leur batterie au gel. Ces engins effectuent cinq passages sur l’intégralité des couloirs et cinq supplémentaires au pied des logettes, où les déjections sont plus nombreuses. « Une bouse reste au maximum 2 heures au sol », précise David Féron. Le guidage s’effectue à l’aide de deux capteurs à ultrasons et les itinéraires dans le bâtiment sont programmés par le technicien du Lely Center. « L’enregistrement, plutôt chronophage, oblige à piloter manuellement chaque automate sur l’intégralité des parcours », indique Jean-François Milet. Le système d’aspiration utilise une pompe à vide et stocke l’effluent dans une cuve de 340 litres. Il ne rencontre pas de difficulté, puisque les logettes munies de tapis Kraiburg sont asséchées avec de la farine de paille, un produit parfaitement compatible. En revanche, le robot nettoyeur n’accepte pas la paille et la repousse devant lui, comme le constatent les éleveurs à proximité d’un box d’isolement. Dès que le bac de collecte est plein, l’automate se dirige vers le poste de vidange surplombant la fosse extérieure. Il retourne ensuite à sa base pour recharger sa batterie et remplir sa réserve d’eau claire.

La pulvérisation d’eau modulable

Lely équipe ses appareils d’un module de pulvérisation, composé de deux buses (une avant et une arrière) alimentées par une pompe électrique puisant dans un réservoir de 70 litres. Ce dispositif s’utilise pour humidifier le sol, afin de faciliter l’aspiration. « Nous nous sommes rendu compte qu’il est inutile de mouiller l’aire d’exercice devant les robots de traite. Le sol y est suffisamment détrempé par l’urine des vaches, précise David Féron. Nous avons heureusement la possibilité d’interrompre l’apport d’eau ou de l’activer depuis l’application Lely chargée sur le smartphone. » Sur le plan de l’entretien, les deux capteurs de guidage à ultrasons, un de chaque côté à l’avant, sont les plus exigeants. Ils demandent à être nettoyés au moins une fois par semaine. S’ils sont sales, ils mettent le robot en défaut et un message apparaît sur l’application Lely. La cuve de collecte du lisier est, elle, à rincer tous les 15 jours. Cette opération s’effectue à grande eau avec le jet. Elle inclut aussi le nettoyage du capteur de remplissage et le lavage du filtre protégeant la pompe à vide des corps étrangers.

D.L.

 

 

« Moins de cellules avec le robot racleur »

(((Article 2))) Le robot racleur effectue deux passages pour nettoyer l’aire l’exercice la plus large (4,85 m). © D. Laisney

L’arrivée du robot racleur au Gaec des Marronniers s’est vite ressentie sur l’état sanitaire du troupeau de vaches laitières et sur le confort de travail.

Fonctionnement autonome, contrôle à distance, confort de travail, animaux plus propres… Ces arguments soulevés par les membres du Gaec des Marronniers, à Mézangers en Mayenne, vont en faveur de l’automate de raclage Miro. Sylvia Leclerc, Yvan Leclerc et Joël Giffard ont installé le Mirobot, en juillet 2017, dans leur stabulation à logettes de 70 places. Cet appareil a remplacé deux racleurs hydrauliques et a notamment évité d’investir dans un troisième, perpendiculaire aux existants, pour conduire le lisier jusqu’à la pré-fosse de leur récente unité de méthanisation de 64 kW. Les éleveurs ont été séduits par la solution robotisée de Miro, car elle permettait de remplacer l’installation de raclage existante dans son intégralité, tout en limitant les travaux d’aménagement. La mise en place de l’automate a obligé à scarifier les aires d’exercices pour donner de l’adhérence aux quatre roues de l’engin. Elle a également imposé de reboucher les réservations au sol accueillant le rail des précédents dispositifs. « Les vaches avaient la fâcheuse tendance à marcher sur le rail, entraînant une projection de lisier qui les salissait. Les aires d’exercice sont aujourd’hui plus propres, tout comme les mamelles nettement plus nettes. Cela se ressent favorablement sur le taux de leucocytes dans le lait qui a baissé de 100 000 unités », souligne Corentin Huaulme, salarié du Gaec.

Une application pour gérer l’automate à distance

L’automate est guidé par un fil incrusté dans le béton et par des capteurs de fin de course placés à fleur du sol. Deux butées au niveau de la préfosse stoppent mécaniquement l’avancement. « Le robot perd parfois le signal et s’immobilise. En cas d’absence, je prends la main à distance et le déplace à l’aide de l’application dédiée sur mon téléphone portable, via wifi », apprécie Joël Giffard. Cependant, le pilotage à distance n’est possible qu’avec l’assistance des quatre caméras filmant les aires d’exercice. « Dommage que le Mirobot ne communique pas en cas de défaut. Je détecte uniquement les problèmes lorsque je me rends à la stabulation ou consulte la vidéosurveillance », regrette l’éleveur. L’automate intervient dans trois couloirs, dont deux parallèles de 50 m de long et un perpendiculaire de 25 m reliant la pré-fosse, l’obligeant à réaliser un virage. Les différentes manœuvres à opérer dans la stabulation ont d’ailleurs défini le dimensionnement des bras racleurs. Ceux-ci assurent en une seule fois le nettoyage du couloir le plus étroit, de 2,50 m de large. Ils obligent en revanche à réaliser deux passages dans le principal, de 4,85 m, situé entre une rangée de logettes et la table d’alimentation.

Sensible aux temps secs et aux fortes gelées

Le Mirobot est sensible aux fortes gelées car les plaques verglacées nuisent à son adhérence. Il rencontre aussi des difficultés par temps sec, car le lisier durcit et crée des phénomènes de résistance, qui déséquilibrent la poussée et modifient la trajectoire. Dans ce cas, l’automate perd parfois le signal et tente différentes manœuvres pour regagner son chemin. Cette action peut conduire à le retrouver perpendiculaire à son axe d’avancement. Pour limiter les problèmes par temps sec, les agriculteurs ont installé un système d’arrosage dans les parties les plus exposées au soleil. Sur le plan de l’autonomie, les batteries permettent au robot d’opérer trois raclages de l’ensemble des couloirs sans effectuer de recharge. En pratique, il revient après chaque cycle à sa base pour refaire le plein de ses accumulateurs électriques. L’entretien se limite au réglage de la géométrie des bras racleurs tous les 6 mois et au graissage des chaînes d’entraînement des quatre roues toutes les 500 heures.

D.L.

 

 

Aspi'Concept, un autre robot aspirateur

Le robot racleur-aspirateur de lisier Aspi’Concept © M. Portier

Présenté au Space en septembre dernier, le robot racleur-aspirateur de lisier Aspi’Concept intervient sur sol plein, mais également sur caillebotis, le pompage du lisier étant inactivé dans le second cas. Il dispose d’une lame de raclage en caoutchouc de 1,50 m de large disposant de roulettes à ses extrémités, facilitant l’intervention dans les angles. Construit en inox, ce robot embarque une pompe à vide puissante, autorisant l’aspiration de lisiers épais. Dans les cas difficiles, il peut recevoir, en option, un réservoir d’eau et des buses appliquant 2 l/min. Son réservoir de lisier de 350 litres est vidangé rapidement par l’intermédiaire d’une trappe sous le robot, à la base de recharge ou sur une zone de caillebotis. Évoluant sur deux roues motrices et un galet à l’arrière, l’Aspi’Concept utilise un guidage laser avec une vision sur 240 degrés. Avec un poids à vide de 500 kg, il peut gravir des pentes jusqu’à 8-10 % et intervenir sur plusieurs bâtiments, pour un total d’environ 80-100 vaches. Le paramétrage des trajets, des horaires et fréquences de passage s’effectue depuis une tablette tactile fournie avec le robot. CRD annonce une autonomie de 18 heures et un temps de charge de 6 heures.

M.P.


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