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Tracteurs vignerons : L’articulé à double direction, c’est magique !

L’EARL du Val Ventoux dispose de deux tracteurs à double direction. Celle-ci génère un gain de maniabilité appréciable dans les tournières courtes.

À la tête de l’EARL du Val Ventoux, à Beaumont-du-Ventoux, dans le Vaucluse, Régis Bernard utilise deux tracteurs à double direction BCS Volcan sur son exploitation d’une trentaine d’hectares, dont 13 de fruitiers (cerisiers et quelques pruniers), 15 en vignes AOP ventoux et 3 en raisin de table cultivé en lyre. S’il possède quelques vieux tracteurs interlignes classiques, Régis Bernard est un habitué de ces tracteurs italiens bas à moteur en porte-à-faux. « J’ai eu un Valpadana, puis des Antonio Carraro, dont il reste aujourd’hui un modèle Tigrone SN 6 500 V (57 ch) pour travailler dans les terrasses et enfin des BCS. C’est la nature de nos sols qui nous a poussés à aller vers ce type de tracteur, se remémore Régis Bernard. Ils sont très pierreux, ce qui signifie beaucoup de projections lorsque l’on passe le broyeur. Sur un vieux Massey Ferguson vigneron, j’ai même vu une pierre transpercer le filtre à huile, un accident qui aurait pu être coûteux si je ne m’en étais pas aperçu à temps. » Avec ces tracteurs italiens à poste réversible, le polyculteur apprécie d’avoir le broyeur devant lui, ce qui signifie que les projections de pierre ne se font pas vers le tracteur, ni vers le chauffeur.

Un poste de conduite au ras du sol

Sur ces tracteurs, Régis Bernard affectionne également la position basse du poste de conduite, et plus globalement du centre de gravité : « dans nos terrasses et les parcelles pentues, on a une impression de sécurité et de stabilité. »

En 2015, au moment de renouveler le premier tracteur BCS, l’occasion est donnée au polyculteur d’essayer un tracteur BCS Volcan 950 à arceau, un modèle à double direction. D’une part, le châssis est articulé. D’autre part, l’essieu avant est également directeur. La conjugaison des deux directions lui procure une maniabilité hors pair, un argument séduisant aussi bien pour les vergers que pour les vignes en lyre et leurs piquets proéminents. Régis Bernard lui fait tout même passer un test de stabilité avec un outil lourd et avec du porte-à-faux, avant de confirmer son intention d’achat. L’essai est transformé. « Au final, le surcoût d’une direction double n’est que de 2 000 euros par rapport avec une version articulée simple », relativise Régis Bernard. « Quand on regarde la maniabilité et le gain de temps que cela procure, on ne regrette pas l’investissement, poursuit Florian Bernard, son fils, salarié sur l’exploitation. Dans les vignes en lyre, implantée en 3 m d’interrang, en bout de parcelle, on ne saute plus qu’un rang au lieu de deux. » Cette maniabilité est d’autant plus appréciable que les parcelles sont exploitées au maximum, avec « des tournières qui sont parfois plus proches de 4 m que de 6. »

Une cabine profilée et pressurisée

L’année dernière, l’exploitant a réinvesti dans un second BCS, toujours à double direction, mais cette fois-ci non équipé d’un poste réversible et doté d’une cabine basse profilée et pressurisée, de catégorie 4. Acheté 50 000 euros, ce Volcan K105 est doté de pneumatiques moins larges, pour passer plus facilement dans la végétation lorsqu’elle est pleinement déployée, mais la monte est plus haute à l’arrière, pour essayer de conserver une bonne surface de contact avec le sol et donc une bonne motricité. L’exploitant apprécie la cabine pour sa capacité à glisser dans la végétation, ainsi que pour l’isolation aussi bien du bruit que des pesticides : « c’est quand même mieux que la combinaison de cosmonaute », blague Florian Bernard. Revers de la médaille, ce poste de conduite n’est pas trop adapté aux conducteurs de plus de 1,80 m. « Et le faible espace disponible en cabine impacte la visibilité sur les outils, confie Régis Bernard. Nous avons eu beau équiper le tracteur d’une caméra arrière combinée à un écran en cabine, le rendu n’est pas parfait et ne vaut pas une vision directe, d’autant plus quand le soleil rasant met son grain de sel. » En outre, avec le pulvé pneumatique porté utilisé pour la vigne, le champ de la caméra n’est pas suffisamment grand pour voir toute la rampe sur l’écran. Néanmoins, dans bon nombre de situations, la caméra se révèle être un élément de confort, qui évite de se tordre le cou.

Les deux tracteurs BCS sont pourvus d’un relevage frontal. « Même si par construction (position en porte-à-faux du moteur), une bonne partie du poids est répartie sur l’avant, je rajoute une masse avec le relevage frontal pour améliorer un peu plus la traction, confie Régis Bernard. J’y accroche également un petit pulvé de désherbage de 120 litres avec une pompe électrique pour désherber en même temps que je broie. »

La double articulation permet de tourner très court. © L. Vimond
A savoir

Tracteur BCS Volcan K105 Dualsteer

Surface : 18 ha de vigne, 13 de fruitiers

Type de sol : pierreux

Topographie : plaine, terrasses et coteaux

Distance interrang : 1,50 à 3 m

Prix en 2017 : 50 000 euros HT


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