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L’entraînement hydraulique des épandeurs d’engrais séduit de plus en plus

Source de confort et de précision, l’entraînement hydraulique des disques des épandeurs d’engrais séduit de plus en plus les agriculteurs, malgré son coût. Tour d’horizon des solutions proposées par les constructeurs. 

Dévoilée depuis de nombreuses années par Kuhn, désormais en cours de démocratisation avec l’arrivée des modèles d’Amazone et plus récemment de Sulky, l’entraînement hydraulique gagne en parts de marché par rapport au système mécanique. Il représenterait à ce jour 10 à 15 % des ventes des épandeurs d’engrais, toutes catégories confondues. 

Chez tous les constructeurs, l’entraînement hydraulique permet un régime constant des disques, quels que soient les obstacles ou les dénivellations, et ce, indépendamment du régime moteur du tracteur. Comptez 1 500 contre 2 000 tours/minute avec un système mécanique. Cela se traduit directement par un gain de carburant, de confort et surtout par une précision constante, avec une répartition transversale de l’engrais optimale. « Quand on goûte à l’entraînement hydraulique, on ne revient pas en arrière », garanti Vincent Gérard, chef produit épandeur d’engrais, chez Kuhn. 

Ce système donne accès à de nouvelles technologies. Chez Kuhn, il a permis d’obtenir 100 % des réglages depuis le boîtier de contrôle, en cabine. L’hydraulique a également simplifié l’épandage en bordure de parcelle, allant jusqu’à supprimer les volets spécifiques, en jouant sur la vitesse de rotation du disque et le point de chute de l’engrais. Par conséquent, ce procédé est également valable pour le contrôle de sections, agissant, au besoin, non plus sur un seul, mais sur chaque moteur hydraulique logé sous chaque disque. Amazone joue également sur ces deux facteurs pour sectionner par morceaux sa nappe d’épandage. Sulky n’est pas du même avis et maintient une vitesse de rotation du disque identique à gauche comme à droite, argumentant qu’il est délicat d’obtenir un bon croisement des nappes avec des vitesses différentes entre les passages aller et retour. 

Un circuit hydraulique classique peut suffire 

Si l’attelage est facilité par la connexion de flexibles hydrauliques, la compatibilité avec le tracteur nécessite un débit hydraulique recommandé de 45 à 80 l/min, à 180 bars, suivant les modèles et les constructeurs d’épandeurs d’engrais, pour respecter un débit instantané de 500 kg/min. Cependant, les marques n’arriveraient pas toutes à respecter cet objectif avec des machines à entraînement hydraulique. 

Sur les dernières générations de tracteur, les pompes hydrauliques d’un débit de 110 l/min suffisent. En deçà, plus le débit de la pompe est limité, plus il faudra être vigilent quant aux réglages du distributeur, notamment dans le cas d’un branchement classique (pression et retour libres). Un troisième flexible (facultatif mais généralement monté de série) en présence d’un circuit load sensing, pour le Power Beyond - système à détection de charge - permet un branchement en direct sur la pompe hydraulique du tracteur. Dans ce cas, le débit d’huile est automatiquement adapté au besoin de l’outil. 

Des évolutions découlent de l’hydraulique 

Pour Kuhn, l’entraînement hydraulique a également permis d’optimiser les systèmes de pesée. Il pourrait même dispenser des pesons, car le débit est calculé en permanence, toutes les secondes, en fonction de la mesure de pression exercée sur chaque disque. Au-delà ou en dessous de 50 bars, la trappe s’ouvre ou se referme, pour permettre une dose homogène, en kilo/hectare, épandue par chaque disque (et non selon une moyenne des deux). Cependant, depuis 2015, ce n’est plus tout à fait vrai, car Kuhn n’utilise plus de capteurs de pression mais des capteurs de couple électromagnétique, au niveau de l’arbre d’entraînement des disques, pour mesurer la déviation du champ magnétique. Un procédé qu’il a pu généraliser à ces modèles à entraînement mécanique. « Cette technologie est issue de l’industrie. C’est exactement la même que celle employé dans le pédalier d’un vélo électrique, pour reconnaitre si vous êtes en côte et que vous avez besoin d’un coup de pouce, ou à l’inverse, en descente », explique Vincent Gérard. Amazone n’est pas en reste, et a lui aussi des innovations permises par ce type d’entraînement, comme son système FlowCheck. Moins perfectionné que le système Kuhn, mais relativement efficace et surtout moins onéreux, ce dispositif alerte en cas de bouchage éventuel d’une des deux trappes. Le constructeur va plus loin avec son système WindControl qui permet d’augmenter la vitesse de rotation du disque exposé au vent défavorable. 

Notez que la technologie à un prix. Le surcoût d’un entraînement hydraulique, par rapport à un même modèle à entraînement mécanique, oscille, suivant les marques, entre 3 500 et 4 000 euros HT. 

 

 

L’entraînement électrique n’est pas pour tout de suite 

Les systèmes alimentés électriquement sous haute tension (400 volts) n’en sont tous qu’à des stades de prototypes. Dans le principe, rien ne différencie réellement le système électrique de l’hydraulique, hormis les composants : ceux hydrauliques laissant place à ceux électriques (faisceaux et moteurs). Les performances seraient à l’avantage du système électrique, source d’économie de carburant, mais également de réactivité, voire de précision dans la finesse des réglages. Toutefois, l’absence de normalisation et le manque de sécurité du système ne permettent pas la mise sur le marché d’un modèle à entraînement électrique à l’heure actuelle. Pour ce qui est du surcoût, les composants électriques deviendraient de plus en plus compétitifs. Ils se pourraient qu’à termes, le delta soit le même que celui entre les deux solutions actuellement présentes sur le marché. De ce fait, il ne serait pas étonnant de voir des constructeurs d’épandeurs d’engrais proposer directement des solutions électriques, en faisant l’impasse sur les systèmes hydrauliques. 


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