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Les tracteurs de cour à la carte

Véritable allié des éleveurs, le tracteur de cour consacre la majeure partie de ses heures à la réalisation des tâches stratégiques. Son achat mérite alors d’être bien appréhendé.

Dans la catégorie des tracteurs compacts développant de 80 à 120 chevaux, le panel des modèles disponibles est particulièrement large. Leur champ d’action est variable d’une exploitation à l’autre. Certains engins restent ainsi attelés en permanence à la remorque mélangeuse. D’autres sortent des bâtiments pour effectuer la fenaison, voire participer aux travaux de culture en réalisant les semis et les opérations de pulvérisation. Les plus simples se contentent ainsi d’une boîte mécanique et même, dans certains cas, d’un unique arceau de sécurité. Les plus perfectionnés se voient, eux, pourvus de technologies souvent éprouvées sur les gammes plus puissantes. Les constructeurs se sont d’ailleurs bien adaptés aux différences de niveaux d’exigences entre les exploitations. La plupart proposent des modèles à la carte que l’acquéreur personnalise en choisissant, par exemple, entre quatre finitions de cabine, trois versions de circuit hydraulique, trois à quatre types de transmission, deux capacités de relevage arrière…

Des commandes bien ergonomiques

Peu courants, les modèles dépouillés à deux roues motrices, encore au catalogue de quelques marques, à l’instar de Claas (gamme Atos), Deutz-Fahr (série 5D) et New Holland (T4), ont pourtant leur place dans les exploitations où ils évoluent exclusivement sur les aires bétonnées des bâtiments d’élevage. À l’opposé, les variantes haut de gamme à quatre roues motrices assurent différentes tâches et épaulent parfois le tracteur de tête. Dans ce cas, une transmission performante, de type semi-powershift ou à variation continue, un pont avant suspendu et bien sûr la climatisation semblent de rigueur pour davantage de confort. La customisation peut être relativement poussée avec, par exemple, le montage d’un relevage avant avec prise de force pour accrocher une faucheuse frontale ou un outil de travail du sol. Elle va jusqu’à l’adaptation de solutions d’assistance à la conduite, telles que les systèmes de guidage bien utiles pour la fertilisation et la pulvérisation.

Un circuit hydraulique performant

Qu’ils soient basiques ou perfectionnés, les tracteurs de cour fonctionnent tous les jours dans les exploitations d’élevage et réalisent souvent aux alentours de 1 000 h/an, voire davantage. Par conséquent, la bonne ergonomie des commandes et la facilité d’accès à bord s’avèrent importantes. La disposition des marchepieds et l’angle d’ouverture des portes doivent, par exemple, être bien étudiés pour garantir des montées et des descentes du poste de conduite en toute sécurité. La cabine doit généralement concilier faible hauteur et visibilité pour travailler aisément dans les bâtiments et endroits exigus. La présence d’un toit vitré ou d’un pare-brise panoramique se révèle quasi incontournable avec un chargeur frontal. Un jeu de phares de travail puissants vient parfaire la dotation en facilitant les travaux nocturnes. Avec un chargeur frontal, le dimensionnement du circuit hydraulique est également important, car il conditionne la réactivité des manœuvres. Les différences de comportement peuvent en effet clairement se ressentir avec des débits d’huile débutant à 60 l/min et passant allégrement, chez certains constructeurs, le cap des 100 l/min. D’ailleurs, l’accès à un circuit hydraulique performant n’impose pas forcément d’opter pour la solution load sensing car le dispositif de couplage des pompes à engrenage, disponible sur certains modèles, garantit de bons résultats et s’avère plus économique.

Des coûts maîtrisés grâce aux extensions de garantie

Le choix d’une marque repose souvent sur sa notoriété, mais aussi sur la proximité et le niveau des prestations fournies par le concessionnaire. Le rapport qualité prix joue également un rôle important lors de l’investissement, car les différences sont, à équipements comparables, parfois notables entre les constructeurs. Mais un autre critère qui fait mouche est la garantie. Certains tractoristes se distinguent, par exemple, en doublant, voire triplant d’office la durée légale d’un an ou en commercialisation des extensions de garantie. Ces offres s’avèrent particulièrement intéressantes car elles permettent, les premières années d’utilisation, d’estimer avec précision le coût de revient. En effet, durant la période de garantie, les charges se limitent aux révisions, au carburant, à l’assurance et à l’usure des pneumatiques. Il est ensuite fréquent que l’approche de l’échéance finale déclenche le renouvellement du tracteur.

 

 

Le confort de conduite primordial

(((Avec reportage 1))) Thierry Courtois apprécie d’utiliser au quotidien un tracteur de cour équipé d’une transmission à variation continue. © Annabelle Courtois

Lors du renouvellement de son tracteur de cour, Thierry Courtois, éleveur de bovins viande à la Ferté-Loupière dans l’Yonne, s’est orienté vers un Deutz-Fahr 5120 TTV, de 120 ch, équipé d’un chargeur frontal MX T412. « Le commercial m’a fortement incité à investir dans un modèle haut de gamme, alors que je n’étais pas partant financièrement. Après quatre ans et demi et 4 000 h d’utilisation, je ne ferai pas marche arrière », confie-t-il. Le choix de la marque a été guidé par deux critères : le prix compétitif à finition comparable et la proximité du concessionnaire. L’agriculteur souligne le confort procuré par le pont avant suspendu et surtout par la transmission à variation continue. « La conduite est précise et sans à-coup. Elle est beaucoup plus agréable que la boîte de mon précédent tracteur de cour. La brutalité de son inverseur de marche rendait certaines manœuvres dangereuses, telles que les opérations d’attelage. » L’éleveur apprécie notamment la souplesse de la transmission pour la manutention. Associée au bon débit hydraulique, elle transforme, selon lui, le tracteur en un véritable engin de manutention. De surcroît, la présence d’un toit vitré apporte un réel avantage lors de l’empilage de balles rondes. Il est, par exemple, inutile de se pencher vers l’avant pour visualiser la cinquième rangée.

Jumelage arrière pour le travail du sol

Le 5120 TTV est le plus petit de l’écurie composée de cinq tracteurs, dont le plus puissant culmine à 246 ch. Il assure la fenaison, le travail du sol et parfois le labour. « Le pont avant suspendu permet de rouler confortablement entre 8 et 10 km/h dans les parcelles massacrées par les sangliers, indique Thierry Courtois. Ce tracteur, doté d’un moteur à quatre cylindres de 3,6 l, manque en revanche de poids avec la faucheuse conditionneuse portée de 2,80 m de large. Il trouve en effet ses limites dans les prairies vallonnées fréquentes sur l’exploitation. » L’éleveur l’attelle aussi sur une charrue quadrisoc, mais il estime qu’il ne s’agit pas d’un modèle conçu pour ce type de tâches, même si le tracteur se défend bien. Pour la préparation du lit de semences, le 5120 TTV voit ses pneus arrière de dimension 540/65 R38 jumelés à des 480/70 R38. Ainsi équipé, il tracte une herse à dents droites de 6 m de large et un rouleau de 6 ou 7,5 m d’envergure. « Ce Deutz-Fahr au poids limité présente ici l’intérêt de respecter davantage les sols », précise l’agriculteur. En revanche, il regrette de ne pas avoir retenu le relevage avant, car cet accessoire faciliterait la mise en place des masses avant.

 

 

La durée de garantie comme facteur décisif

(((Avec reportage 2))) Jean-Luc Ferret a retenu le Kubota M5111 DTHQ pour son tarif compétitif et la garantie de cinq ans ou 3 000 heures (au premier des deux termes échus). © Jean-Luc Ferret

« La différence de prix conséquente avec un modèle concurrent comparable et la garantie pièces et main-d’œuvre de cinq ans ou 3 000 h m’ont clairement convaincu d’investir dans le Kubota M5111 DTHQ », précise Jean-Luc Ferret, producteur laitier et éleveur de brebis à Chaumont-le-Bourg (Puy-de-Dôme). Ces critères présentent notamment l’intérêt pour l’exploitant d’évaluer précisément le coût de revient durant les cinq premières années. Le tracteur à quatre roues motrices, qualifié de valet de ferme par l’agriculteur, a effectué 700 h depuis son arrivée en mars 2017. Il dispose des équipements essentiels, à l’instar de la transmission à 36 rapports avant et arrière (6 vitesses, 3 gammes, doubleur et inverseur sous charge), des trois distributeurs hydrauliques à commande mécanique et de la climatisation. « Dommage que les régimes de prise de force se limitent à deux : 540 éco et 540 ou 540 et 1 000 tr/min, à choisir lors de l’achat », regrette Jean-Luc Ferret.

Une maniabilité exemplaire

Le Kubota assure l’alimentation des vaches avec la remorque mélangeuse de 22 m3 à deux vis verticales et turbine de paillage. Pour cette tâche, le quatre cylindres de 3 769 cm3 se montre sobre en consommant en moyenne 6 l/h de gazole non routier (GNR). Sa bonne maniabilité, procurée par le faible rayon de braquage, est appréciée pour circuler dans les cours de l’exploitation et les bâtiments. Le M5111, développant 113 ch, réalise aussi du transport de fourrage avec des bennes au volume adapté à son petit gabarit. Il est, en effet, annoncé sur la bascule à 3,4 t. « Il manque clairement de poids par rapport à notre John Deere 6110 MC de même puissance, pesant lui environ 5 t. Ce critère se ressent sur le comportement et sur le confort, avec bien sûr un avantage pour le modèle le plus lourd », souligne l’exploitant. Le lestage paraît alors indispensable pour tirer le meilleur parti du Kubota au transport, une activité qui reste cependant secondaire pour ce modèle dans cette exploitation.


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