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New Holland : Le T6.180 Methane Power en démonstration

Avec son prototype de tracteur fonctionnant 100% au méthane, New Holland offre des perspectives d’autosuffisance énergétique aux exploitations équipées d’unité de méthanisation. Une dizaine d’exemplaires du T6.180 Methane Power sillonnent actuellement l’Europe, l’un d’entre eux a été laissé en test trois semaines au sein de la SCEA des Longchamps, à Andelnans, près de Belfort.

Visuellement, on le repère à sa carrosserie bombée à l’arrière de la cabine. Mais le ronronnement détonnant de son moteur ne laissera pas vos oreilles en reste. Le « coupable » de ces caractéristiques : le méthane, utilisé comme carburant unique de ce tracteur. Un carburant propre puisqu’il n’émet pas de particules et qui peut-être produit directement sur la ferme. Le méthane est injecté dans neuf bouteilles de gaz cachées à l’arrière du tracteur et sur les côtés. Celles-ci permettent de transporter 300 litres soit 52 kg de gaz pour une autonomie estimée entre 3 et 5 heures en fonction des travaux réalisés. Toutes les bouteilles sont reliées entre elles, il n’y a du coup qu’un seul point de remplissage. Par contre seules huit d’entre elles sont reliées au moteur en continu, la 9e servant de réserve. La mécanique du tracteur a elle aussi due être totalement revisitée. Contrairement au moteur diesel de dernière génération il n’y a ni traitement SCR (AdBlue) ni filtre à particules, remplacés par un simple catalyseur « trois voies ». 

Quand écologie rime avec économie

Le T6.180 Methane Power est un tracteur de niche qui permettra à New Holland d’intégrer des fermes jusque-là fidèles à d’autres marques. Si ce tracteur s’adresse prioritairement aux exploitations produisant du biométhane il peut également convenir à des fermes achetant du gaz en gros pour chauffer des serres ou des bâtiments de séchage par exemple. New Holland estime à 20 % les économies d’achat de carburant dans le cas d’un approvisionnement extérieur et à 40 % si le biométhane est produit sur place. Ce tracteur vient encore renforcer le cercle vertueux d’une installation de méthanisation, il pourra ainsi alimenter le méthaniseur ou transporter le digestat qui en résulte jusqu’aux champs. Les études devraient perdurer 2-3 ans. New Holland cherche à présent à constituer une base de clients potentiels solides pour envisager la phase d’industrialisation.

 

 

« La boucle est bouclée »

Christian Peterschmitt, gérant de la SCEA des Longchamps, ne tarit pas d’éloges sur ce tracteur. Sa ferme était le laboratoire rêvé pour la marque car en plus de générer du biométhane injecté dans le réseau GRDF, elle s’était déjà équipée d’une petite station de remplissage en vue d’acquérir une voiture alimentée en gaz. « On pense qu’il y a encore des choses à améliorer, ce qui est normal vu que l’on en est qu’au stade de prototype, mais on est assez content du moteur, pour les tâches qu’on a pu réaliser avec. Le moteur fait un bon bruit, et depuis la cabine bien qu’on l’entende un peu ce n’est pas gênant. » Son seul regret concerne l’autonomie : « 5 heures pour nous ce n’est pas une journée complète, on aimerait mieux que ça tienne au minimum 8-9 heures, voire 10 si c’était possible ! ». Malgré tout, ce tracteur s’inscrit pour lui dans l’avenir : « C’est ce qu’on recherche pour le futur : que tous nos tracteurs puissent tourner au gaz. Question de pollution, de gaz à effet de serre, c’est moins polluant qu’un tracteur diesel. L’objectif c’est de boucler la boucle et de pouvoir communiquer par rapport à ça. »

 

La vitesse de remplissage dépend des capacités de la pompe utilisée. Elle oscille entre 2 et 10 minutes pour les pompes publiques servant aux autobus et camions poubelles jusqu’à plusieurs heures dans le cas de celle utilisée par la SCEA des Longchamps.

 


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