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Tracteurs vignerons : Un enjambeur à transmission mécanique

Dans le vignoble du Muscadet, les tracteurs enjambeurs conçus sur la base de modèles interlignes sont monnaie courante. Ils offrent un bon compromis entre le prix et la garde au sol.

Deux cuves de 550 l jouxtent le tracteur essentiellement utilisé à la pulvérisation. © L. Vimond

Basé à Le Landreau, en Loire-Atlantique, Dominique Huteau est à la tête d’une exploitation viticole de 25 hectares, en SCEA avec son épouse. La grande majorité de sa production est du Muscadet, mais il produit également des vins à bulles, du rouge et du rosé en vins de pays. Un tiers de la production est commercialisé en direct (caveau, marchés et restauration), le reste étant vendu aux négoces. Avant d’investir dans un tracteur interligne surélevé, le vigneron travaillait avec deux tracteurs enjambeurs hydrostatiques Loiseau de 65 chevaux. « Ces deux tracteurs sont de 1989 et 1991 et sont dépourvus de cabine », explique Dominique Huteau. S’il n’est pas adepte du matériel rutilant, le vigneron cherchait à redonner un coup de jeune à son parc, anticipant la reprise de son exploitation. « Mes enfants ne vont pas reprendre l’exploitation familiale. Si je veux que mon exploitation soit reprise, il faut qu’elle soit séduisante, avec un parc matériel qui ne soit pas trop obsolète. »

Un enjambeur à budget réduit

Pour le viticulteur, c’est également l’occasion de gagner du confort avec une cabine. « Je cherchais un tracteur pour la pulvérisation, explique Dominique Huteau. Pour moi, je ne voyais pas l’intérêt d’un enjambeur hydrostatique pour ce type de travail. On a juste besoin d’une prise de puissance pour la turbine et des distributeurs pour piloter les accessoires. Un interligne surélevé fait très bien l’affaire. » Le vigneron se met à veiller sur internet, cherchant la bonne occasion, sans y mettre un budget trop élevé. « Les années difficiles, je réalise au maximum une centaine d’heures de pulvérisation. Il ne s’agissait pas d’y mettre trop cher non plus. » Dominique Huteau déniche ainsi une bonne occasion, un Case IH Quantum 65 V de deux roues motrices affichant une cinquantaine d’heures au compteur pour un prix modique de 25 000 euros. « Case IH fait partie des marques que l’atelier Les Châtaigneraies, basé à 11 kilomètres d’ici, surélève et homologue pour circuler sur la route. » Pour l’homologation, le vigneron se trouve contraint de changer la monte de pneumatiques (380/85 R28) plus large que la monte initiale. Un atout en termes de stabilité pour ce tracteur haut sur pattes. Au total, la transformation lui revient à 20 000 euros, ce qui, tout additionné, est beaucoup moins cher qu’un modèle équivalent en hydrostatique comparable (45 000 euros contre 70 000 à 80 000 euros). Le vigneron fait installer deux cuves d’occasion de 550 litres chacune, ainsi qu’une rampe Bobard Jet 6000 travaillant cinq rangs en face-par-face par le dessus. « Pour la prochaine saison, je vais y adapter des mains Berthoud Airmist Duo, poursuit Dominique Huteau. Elles ont un certain coût (200 euros), mais la qualité de travail est au rendez-vous. »

Adapté pour la pulvérisation

Livré début mai, le Case Quantum 65 V surélevé a fait l’essentiel de sa petite saison à la pulvérisation et a terminé l’année attelé à une benne à vendange. Dans ce vignoble plat, l’absence de correction de dévers ne constitue pas un handicap. La conception du palonnier avant lui procure une très bonne maniabilité.

En revanche, la cabine n’est pas très large. L’idéal aurait été d’avoir un tracteur pour vignes larges ou fruitiers. Comparativement à un enjambeur hydrostatique, la visibilité n’est pas le point fort de ce tracteur : « pour du travail du sol, du rognage ou du prétaillage, l’enjambeur hydrostatique est beaucoup plus adapté, reconnaît Dominique Huteau. Mais pour la pulvérisation, cela convient très bien. Et la transmission est correctement étagée pour une vitesse d’avancement adaptée à la pulvérisation. » Côté consommation, le vigneron a senti une légère hausse de la consommation de carburant, par rapport à un hydrostatique, même s’il admet qu’il n’a pas encore essayé la prise de force économique.

Dominique Huteau, vigneron à Le Landreau (Loire-Atlantique) : " Le tracteur vigneron surélevé est un bon compromis entre tarif et garde au sol." © L. Vimond
A Savoir

Case IH Quantum 65 V surélevé

Surface 25 ha

Type de sol micaschiste sableux et argile

Topographie plaine

Distance interrangs 1,40 à 1,45 m

Prix 45 000 euros (occasion + montage)


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